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A côté du papier, qui demeure le support essentiel des cours par
C'est l'un des plus importants. Nous avons 62 000 inscriptions annuelles dans le premier degré, collège et lycée, plus 65 000 inscriptions en parascolaire, c'est-à-dire principalement les cours d'été. A part la préparation aux concours d'enseignement, ce sont nos deux secteurs principaux. Les autres domaines que nous couvrons sont cependant nombreux : BTS, préparation aux concours administratifs, cours de langue, formations supérieures d'Etat, etc.
Tout d'abord permettez-moi de situer un peu le Cned dans le paysage de la formation à distance. Le Cned, c'est 400 000 inscriptions par an (une inscription correspondant pour nous à l'achat d'un produit et non à un élève), ce qui en fait le premier opérateur de toute la francophonie dans ce domaine : il ne faut pas oublier que nous avons 220 implantations dans le monde. Cela se fait encore majoritairement par correspondance, approximativement à 90 %. Mais depuis quelques années nous avons pris le virage des nouveaux vecteurs de communication. Et il n'y a pas qu'Internet ! Après le papier, qui demeure le support essentiel, il y a l'image, la télévision et les cassettes vidéo. Nous avons aussi des cédéroms. Enfin, il y a Internet, média dans lequel nous avons beaucoup investi depuis cinq ans, notamment avec notre site « Campus électronique».
Pour nous Internet représente plusieurs
choses : d'abord un outil de communication et d'information, ensuite
un vecteur de formation et enfin des produits en ligne. Ceux-ci
sont encore il est vrai peu nombreux, ceci pour plusieurs raisons.
Nous ne voulons pas que les formations que nous proposons dépendent
de l'équipement informatique des usagers : il y aurait là une injustice
qui ne correspond pas à l'idée que nous nous faisons de notre mission.
Notre approche est donc plutôt celle de produits complémentaires,
soit compris dans le prix de la formation, soit achetés en plus
de celle-ci : des devoirs et des tutorats en ligne, par exemple.
Aujourd'hui la quasi-totalité sont des « plus » inclus dans le prix
de la formation. Cela dit, nous pouvons constater l'intérêt du public
pour ce nouveau vecteur d'après la fréquentation de notre site Campus
électronique : les accès ont doublé en un an, après une augmentation
de 80 % l'année précédente.
Je crois qu'aujourd'hui il y a un
peu un mirage sur ce que peuvent apporter les TICE. Je suis un fana
de matériel, j'ai enseigné 15 ans l'informatique : je ne suis donc
nullement technophobe, mais on n'a pas encore repensé la pédagogie
en fonction de ces nouveaux outils. On a du mal à dépasser le schéma
classique de l'enseignement, avec des professeurs qui délivrent
des contenus. Il y a aussi un problème de coût : les TICE actuellement
reviennent plus cher qu'une
Certainement ! A mon avis on aura demain un atout considérable sur Internet avec le haut débit. Cela va permettre, par exemple, de faire de la simulation en temps réel. Vous savez que c'est déjà utilisé dans des activités très spécialisées, mais demain on pourra certainement s'en servir pour des apprentissages plus fondamentaux. Mais les progrès techniques devraient également permettre autre chose : on va pouvoir repenser la position de l'image et du texte au sein d'un écran. Aujourd'hui, on n'a pas encore une qualité suffisante pour mener ce genre de réflexion. Et puis il y a la reconnaissance vocale qui va certainement changer pas mal de choses.
Dans certaines configurations, dès aujourd'hui des formations peuvent être entièrement « TICE ». J'en suis intimement persuadé. Mais il ne faut pas être systématique : je ne vois pas un enfant du CP ou de CM2 faire une scolarité qui s'appuie uniquement sur ces outils. Et puis, encore une fois, je ne souhaite pas qu'en investissant tout dans ces nouveaux vecteurs on isole une partie des usagers en proposant une pédagogie à deux vitesses. Par contre, les TICE peuvent également représenter une chance pour tout un public en difficulté par rapport à l'enseignement classique et qui pourrait, avec les nouvelles technologies, surmonter une certaine réticence.
Nous avons produit beaucoup de cédéroms,
et il est vrai qu'ils ne sont pour le moment guère visibles. En
fait la version numéro deux de notre site campus électronique est
en gestation, et les cédéroms y seront mieux mis en valeur. C'est
heureux, car certains sont très innovants. Nous comptons d'ailleurs
promouvoir nos savoirs et nos savoirs-faire par le biais d'une labellisation
« reconnu d'intérêt pour l'enseignement » (RIPE) par le ministère,
ceci en partenariat avec des éditeurs.
Il n'y a pas que les TICE qui nécessitent
une adaptation ! C'est un constat que nous avons fait il y a plusieurs
années : il est nécessaire de former nos enseignants à ce qu'est
le télé-enseignement et ce qu'il est amené à devenir. Propos recueillis par Sylvain Jouty, Aphania.
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