|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||
Jack Guichard, professeur des Universités, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, a été professeur de biologie et formateur d'enseignants en Ecole normale. Après un crochet à la Cité des sciences où il a conçu des expositions interactives pour la Cité des enfants, il est aujourd'hui directeur adjoint de l'IUFM de Paris et directeur du Certem (Centre d'enseignement et de ressources en technologies éducatives multimédia, http://certem.paris.iufm.fr/). Il est également chercheur en didactique des sciences.
Ce n'est que depuis cette année que j'ai été amené à le diriger, mais je vais essayer ! Je crois que l'IUFM de Paris a été un des premiers à s'engager dans la voie des nouvelles technologies. Quand le CERTEM a été créé, en 1992, c'était une vraie révolution. A l'époque, cela a permis à des gens qui venaient de deux milieux alors très séparés, celui de l'audiovisuel et celui de l'informatique, de travailler ensemble. Le CERTEM, où travaillent une quarantaine de personnes, demeure très en avance au niveau de la formation aux TICE.
Oui, son but est avant tout d'assurer
des formations dans le domaine des TICE aux élèves, futurs enseignants,
de l'IUFM de Paris. Il y a d'abord une
C'est un outil qui a été développé il y a plus de dix ans à l'aide d'Hypercard, un logiciel MacIntosh pionnier de l'hypertexte et du multimédia, en tant qu'alternative au laboratoire de langues. C'était un produit très innovant lors de sa sortie, qui a d'ailleurs été commercialisé et que nous utilisons toujours. Il faudrait maintenant effectuer son portage sur d'autres logiciels. Dans ce domaine, d'ailleurs, nous avons également développé des systèmes de visioconférence, très utiles dans le cadre de la formation aux langues, qui permettent, par exemple, des couplages avec des établissements étrangers.
Il est de plus en plus consulté. C'est à la fois un site vitrine et un site de ressources, avec du contenu en ligne mais aussi des liens que nous sélectionnons par discipline. Nous faisons des sélections, en essayant de voir, dans chaque domaine, ce qui existe comme documentation. Nous insistons particulièrement sur le primaire, car je crois que c'est un domaine un peu oublié. Nous avons également mis en ligne des supports de cours et des compléments de formation. Bref, je crois qu'il y a une certaine richesse.
Dans les huit ans à venir, le corps
enseignant sera remplacé à cinquante pour cent. Ceux qui vont arriver
dans l'enseignement seront tous formés aux TICE, et cela va changer
beaucoup de choses. Il y a une prise de conscience qu'on n'avait
pas forcément il y a quatre ans, et qui va de pair avec l'équipement.
A mesure que les gens s'équipent, ils prennent le goût d'utiliser
les technologies. Et ils le transmettent : donner aux élèves des
documents propres et lisibles, réalisés avec un traitement de texte,
ça peut leur donner aussi le goût des choses bien faites. L'enseignant
qui arrive avec ses vieux stencils crasseux n'a plus vraiment sa
place!
Pour moi ça ne fait pas de doute. Mais si je considère que les TICE sont importantes, c'est en tant que nouveaux outils, qui ne remplacent pas forcément les anciens. En particulier les TICE ne remplaceront jamais le contact avec le réel, qui permet une vision plus ouverte que n'importe quel logiciel. Avec le réel, l'erreur et le détournement sont formateurs. A La Villette nous avons une "manip" constituée par un couloir où l'on court, avec des capteurs sur le côté, bien visibles, de telle sorte que les enfants peuvent passer la main devant et produire des résultats aberrants. Ils le font volontiers, mais les parents rouspètent ! Ce sont les enfants qui ont raison, car en intervenant ainsi ils démontrent qu'ils ont compris le principe.
A mon avis les deux choses sont très complémentaires, mais le réel est paradoxalement plus souple que le virtuel. Le virtuel est indispensable pour la simulation, dans des tas de situations complexes qu'on ne peut refaire en vrai, mais le réel, avec cette capacité de détournement, possède une richesse qu'on ne sait pas encore apporter dans le virtuel. Mais celui-ci est aujourd'hui un outil incontournable pour les enfants, dont ils doivent avoir la maîtrise. Dans l'internet, il y a une telle richesse qu'il faut apprendre aux jeunes à chercher l'info et la sélectionner.
C'est un terme que j'ai introduit
dans le cadre de mes recherches en didactique des sciences à l'Ecole
normale supérieure de Cachan. Le fait d'avoir fait des recherches
liées aux expositions, où l'on crée des "manips" scientifiques pédagogiques,
m'a en effet amené, à partir de la didactique, à étudier les caractéristiques
particulières des médias par rapport à l'enseignement. Propos recueillis par Olivier Devillers, Aphania.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||