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Jacques Richard est directeur du CRDP de Versailles et conseiller auprès du recteur de l'Académie de Versailles pour les TICE. Sa carrière a été variée puisqu'il a été successivement instituteur, professeur, conseiller en formation continue avant de rejoindre le CRDP ; il a également passé douze ans en Afrique où il a été impliqué dans des projets de radio et de télévision éducative.
Il faut commencer par dire que l'Académie
de Versailles est, avec un million deux cent mille élèves, la première
de France en terme de taille : c'est à peu près du niveau de la
Norvège ou du Danemark ! Nous regroupons le dixième des élèves français
et cela induit une autre spécificité, qui est que nous avons moins
de moyens que d'autres par rapport au nombre d'élèves. C'est pourquoi,
dès 1993, nous avons mutualisé les moyens plutôt que de laisser
se multiplier les structures concurrentes.
Je suis de très près ce qui concerne les travaux pratiques encadrés, les fameux TPE, qui sont à la fois emblématiques de l'évolution pédagogique en cours et assez médiatiques. I-TPE est un logiciel qui donne aux élèves les moyens d'aborder les TICE, l'Internet sans s'y perdre, en organisant les documents qu'ils y trouvent. C'est à la fois un navigateur Internet et un carnet de notes. Notre activité d'éditeur doit être complémentaire de celle des maisons d'édition privées, mais nous proposons encore peu de produits multimédias. Notre travail est plus axé directement sur l'Internet.
Oui, en essayant notamment de correspondre
aux besoins. La fréquentation est considérable. En janvier dernier
le site de l'Académie avait été consulté par 250.000 personnes,
c'est considérable et cela augmente sans cesse : nous en serons
à 280.000 en mars. Nous travaillons beaucoup à l'améliorer dans
l'ergonomie comme dans le contenu. Il possède deux axes importants
: la pédagogie pure et les sites d'établissements.
Internet est quelque chose qui est en train de casser les systèmes de communication traditionnels. Avant, les informations académiques restaient internes, maintenant elles sont largement disponibles. Les parents sont comme les autres, ils ont besoin d'information, et ils ont compris la puissance d'Internet en ce domaine. Nous avons envisagé de faire des entrées différentes par type d'utilisateur, profs, parents, élèves. Mais c'est quelque chose d'assez compliqué et surtout de difficile à gérer au quotidien. Mais on peut, on va trouver des solutions !
Il faut en priorité leur permettre
de travailler avec les TICE, et donc leur donner une adresse électronique.
C'est comme vous le savez un point qui est en cours d'élaboration,
mais ce n'est pas simple lorsqu'on a affaire à plus d'un million
d'élèves ! Mais au-delà, je crois que le problème de fond tourne
autour de la citoyenneté : il s'agit d'apprendre aux élèves à utiliser
de manière citoyenne ces nouveaux moyens de communication. Prenez
par exemple la question des sites pornographiques ou violents. On
peut bien sûr essayer d'en bloquer l'accès, mais on ne règle pas
le problème. C'est la même chose pour les messages incivils ou les
hackers. Dans Internet, le contrôle se fait a posteriori, d'où la
nécessité de l'apprentissage d'une discipline, qui doit se faire
au niveau des professeurs. C'est en ce sens qu'il s'agit d'une démarche
de citoyenneté.
Attention, il ne faut pas me faire
dire que les TICE vont remplacer le rôle traditionnel du professeur
! D'abord on aura toujours des salles de cours classiques, même
si on trouvera, en plus, des salles multimédia. Je crois qu'au contraire
le professeur aura plus encore qu'avant de l'importance. La différence
sera qu'il ne sera plus la seule source d'accès au savoir, que ces
sources seront multiples, et qu'il aura pour nouvelle mission d'orienter
Le Conseil Régional fait un gros
effort, et nous travaillons aussi en coordination avec les Conseils
Généraux. Ceux-ci sont restés d'abord assez réservés mais depuis
trois ans ils ont compris l'enjeu. L'aide de l'État est également
considérable, et la mutualisation de ces trois types de crédits
nous permet de ne pas avoir trop de problèmes matériels. En réalité
les problèmes sont ailleurs. Une question dont on n'avait guère
pris conscience auparavant, par exemple, est celle de l'architecture
des établissements : sans évolution de celle-ci, une évolution des
pratiques n'est guère possible. Est-ce que les classes sont assez
grandes pour accueillir quinze ordinateurs, est que l'espace du
CDI est adapté ? Nous en sommes restés, au fond, à un type de lycée
que je nommerai volontiers napoléonien. Les réformes en cours annoncent
la mort de ce lycée, mais il y a un travail de fond à effectuer,
avec les collectivités et le rectorat, afin que l'architecture s'adapte
elle aussi. Je crois que c'est important.
Celles-ci avaient lieu pour la première
fois au CNIT de la Défense, et nous avons été, à vrai dire, un peu
déçus du résultat : nous n'avons pas eu moins de monde, mais pas
plus non plus qu'à Versailles ! Mais en terme de professionnalisation,
nous avons montré que nous savions mettre en route un salon, avec
ce que cela suppose de problèmes d'organisation, de finances, de
partenariat. C'était l'objectif essentiel. Propos recueillis par Sylvain Jouty, Aphania.
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