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Hélène Ormières, professeur agrégée, enseigne les sciences de la vie et de la Terre dans un lycée de l'Académie de Créteil. Par ailleurs elle travaille depuis 1987 au ministère de l'éducation nationale à la diffusion des pratiques utilisant les nouvelles technologies, dans sa discipline mais également en arts plastiques et en histoire des arts. Elle s'est particulièrement investie dans les TPE et est l'un des modérateurs de la liste de diffusion TPE-TICE.
Sans doute de mes goûts personnels, mais aussi de mon travail d'enseignant : un prof de SVT travaille avec sa tête et ses mains, il est aussi habitué à utiliser des outils et des supports autres que le papier pour les activités des élèves. C'est peut-être aussi venu de mon goût pour l'image : j'ai commencé par l'audiovisuel, j'ai été formatrice dans l'académie de Créteil afin d'accompagner les équipements que l'on faisait alors en vidéo, et c'est tout naturellement que je suis passée aux nouvelles technologies proprement dites. J'ai été sollicitée pour venir au ministère en 1987, j'ai donc vécu toute l'évolution des outils mais aussi des usages des TICE, l'important ayant toujours été de faire en sorte que de plus en plus d'élèves en bénéficient.
D'une manière générale, l'utilisation de tous ces outils est très motivante pour les élèves. Quant à Internet, cela a permis un saut qualitatif et quantitatif formidable. Quand je dis Internet, il s'agit aussi de tout ce qui l'entoure, comme la messagerie, qui facilite énormément le travail coopératif entre les profs.
Du côté des élèves aussi, naturellement.
Mes élèves ont tous une adresse électronique sur l'intranet du lycée.
Je peux préparer mon cours, puis leur envoyer un message pour qu'ils
le trouvent au début de la séance de TP avec les consignes et les
objectifs de la séance.
Bien sûr. Mais il n'y a pas d'obligation
: ceux qui veulent faire des TPE uniquement sur papier, personne
ne les en empêche. Ces réticences se manifestent moins en seconde
qu'en terminale : dans les examens, pour le moment, ce savoir-faire
n'est pas valorisé. Du coup ils ont l'impression que ce qu'ils font
avec l'ordinateur ne leur sert pas pour le bac.
Cette liste a été créée au moment
de la création des TPE ; nous pensions que l'instauration des TPE
allait être l'occasion de faire un peu bouger l'équipement et les
usages concernant les TICE.
Par rapport au nombre d'enseignants on pourrait croire que c'est peu, mais il faut bien voir que seule une minorité de profs ont affaire aux TPE : dans mon établissement qui accueille 1500 élèves et une centaine de professeurs, il n'y en a que six qui sont concernés par les TPE en sciences, 4 en SES, 2 en Lettres plus la documentaliste et un coordonnateur.. 1400, c'est donc beaucoup ! Ce qui est intéressant c'est qu'il y a de véritables échanges, des messages très riches, des pour et des contres, bref, une vraie discussion.
Je crois que les TPE sont l'occasion de renouveler le métier des documentalistes. Il y en a qui y sont prêts et d'autres pas, bien entendu, et si cela leur apporte une charge de travail supplémentaire : il faudrait qu'il y ait plus de documentalistes, même si les TPE ne se déroulent pas qu'au CDI, loin de là. Mais les documentalistes ont été amenés à aider davantage les élèves à mener leur recherche, et ce travail d'aide à la recherche documentaire, qui est indispensable pour le démarrage des TPE, leur revient en grande partie.
Le bilan va être établi au niveau
national : les correspondants TPE présents dans chaque académie
se sont réunis début juillet afin d'y travailler. Je pense qu'il
sera publié sur Eduscol. Par ailleurs, une brochure est en préparation
afin d'aider à la mise en place des TPE en terminale.
Je trouve que c'est dommage. Cela
dit, le texte tient compte des difficultés
Sans doute, dans la mesure où les TPE sont l'un des rares moments de travail en collaboration. Ça aussi, c'est une nouveauté plutôt positive. Au début il y avait des timidités et des peurs : par exemple qu'une discipline soit instrumentalisée au profit d'une autre. Mais on s'est aperçu que chaque matière au contraire trouvait sa place et se justifiait par rapport aux autres. Pour en revenir à l'année prochaine, des moyens ont été affectés à tous les établissements pour les TPE en terminale. Il se peut qu'il y ait moins d'élèves qui s'y dirigent, mais les moyens existent, et on va faire en sorte qu'ils soient utilisés pour les TPE. Et puis, si les profs concernés ont à s'occuper de moins d'élèves, ils ne les encadreront que mieux !
Il y a encore, en effet, des problèmes d'infrastructures, bien que les collectivités locales aient fait d'énormes efforts. Aujourd'hui peu de lycées n'ont aucune infrastructure pour les TICE. Je crois que les TPE, en fait, ont eu pour effet de dynamiser la demande des établissements : les collectivités veulent bien équiper, mais elles ne peuvent le faire que si on leur demande, donc en présence d'un projet d'établissement. En fait les problèmes les plus complexes ne sont pas ceux de l'équipement lui-même, pour lequel on peut débloquer des moyens. C'est plutôt l'espace et les gens : l'espace, parce qu'il faut trouver de la place, des salles, moyens de sécuriser contre le vol. Et puis il faut aussi des personnes ressources, qui sachent gérer les réseaux, qui soient à la disposition des profs pour les rassurer, les aider, leur donner des idées, développer les choses sur place. Cela demande des gens à l'état d'esprit un peu militant. Et ce n'est pas quelque chose qu'on peut faire entre deux cours : il faut des moyens horaires. C'est là, actuellement, un des plus gros manques.
Le site educnet (http://www.educnet.education.fr/ est incontournable ! En SVT dont je m'occupe plus particulièrement, comme dans toutes les disciplines, on y retrouve un réseau de mutualisation des ressources : lorsque je veux préparer quelque chose pour mes élèves, je vais d'abord le chercher sur ce réseau. Il fournit à tout enseignant une mine de ressources qu'il s'agit maintenant de rendre plus aisément accessible en en faisant un véritable portail d'accès. Nous travaillons en ce moment sur l'assistance aux utilisateurs, ainsi que sur les environnements de travail : on est en train de mettre au point un bureau virtuel que les profs pourront consulter n'importe où, et qui se raccordera au projet i-Profs (cf. CyberEcoles Flash n° 27). Au prochain salon de l'éducation nous présenterons d'ailleurs ces nouveaux dispositifs, ainsi que de nombreuses applications pédagogiques. Propos recueillis par Sylvain Jouty, Aphania.
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