Entretien avec Laurent Bardin,
président fondateur de Technologie sans frontière
Internet au ghetto, l'informatique
en Afrique du Sud
Laurent Bardin aime
à rappeler le mot de Bill Gates, selon lequel les Africains
ont besoin de médicaments, pas d’ordinateurs ! Contre
cet insupportable paternalisme, l’association créée
par Laurent Bardin, Technologie sans frontière,
a pour vocation d’apporter aux pays en développement
– en l’occurrence, les régions isolées
et désolées d’Afrique du Sud, les instruments
de développement que sont les ordinateurs.
South AfricaNet : des débuts prometteurs
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Cette initiative, nommée South
AfricaNet, Cyberécoles en avait déjà parlé
il y a deux ans (voir
l'interview de Laurent Bardin dans la rubrique Témoignages),
lorsque l’aventure ne faisait que commencer : il s’agissait
alors d’équiper deux lycées. Deux ans après,
où en sont les choses ? Plutôt bien avancées,
même s’il a fallu renoncer provisoirement à établir
une connection à Internet dans les lycées et au télé-enseignement.
L’objectif est désormais d’équiper tous
les lycées de la région. L’initiative la plus
récente et la plus remarquable de l’association a été
d’apporter les technologies dans un immense ghetto, Kayamandi,
au nord-est du Cap en octobre 2002 : une occasion exceptionnelle
d’ouvrir le ghetto sur le monde. Pour ces deux entreprises,
TSF a toujours et plus que jamais besoin de soutien, financier,
matériel et humain.
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Pour l’association Technologies
sans frontière, le bilan des deux premières années
est très encourageant : dès son premier retour en
Afrique du Sud, Laurent Bardin trouvait une nouvelle salle spécialement
construite et financée par les parents d’élèves,
pour accueillir les ordinateurs attendus. L’école de
Mahlabathini, l’une des plus pauvres située à
la périphérie
d’Ulundi, Capitale du Zoulouland,
est aujourd’hui équipée d’un réseau
de 17 ordinateurs connectés à un serveur, avec à
sa disposition une multitude de données collectées
sur Internet et installées sous la forme d’un Intranet.
Les élèves et les enseignants peuvent ainsi avoir
accès à une somme énorme de documents et de
connaissances, et s’initier à l’informatique.
D’ores et déjà, un tiers des professeurs du
lycée l’utilise régulièrement, et sur
les cinquante élèves, dix ont choisi la formation
informatique à l’université. Depuis janvier
2003, date d’entrée scolaire, le grade 9 (équivalent
de la troisième) peut suivre de façon permanente et
intensive des cours d’informatique et d’ici à
2006 tous les niveaux en bénéficieront.
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Le plus gros problème qui
se pose à l’heure actuelle est celui de la formation
des formateurs. Il faut amorcer le processus, afin de créer
une véritable autonomie. Pour l’heure, la mise en place
du projet a pu s’effectuer grâce à la participation
de volontaires français et sud africains, notamment des étudiants
de l’Ecole supérieure de Sciences Informatiques de
Sophia-Antipolis.
Création de GhettoTech
à Kayamandi
En 2002 TSF et Thembalethu Peter,
qui a ainsi trouvé un emploi, ont ouvert le premier web café
« GhettoTech » à Kayamandi, ghetto de Stellenbosch.
Dans la maison de Thembalethu Peter, en tôle et contreplaqué
de 10 mètres sur 12, trois ordinateurs sont mis à
la disposition de tous, ce qui permet à chacun notamment
de chercher du travail, de rédiger un CV et des lettres de
motivation, de naviguer sur internet et de disposer d’un email,
etc. Selon Thembalethu Peter, « sortis du cadre et de
l’autorité scolaire, les jeunes du ghetto s’intéressent
davantage à l’informatique et font confiance à
l’un des leurs. » Un nouveau mode d’enseignement
prend forme, qui répond davantage aux besoins. Donner confiance
aux laissés pour compte de l’humanité et leur
ouvrir une fenêtre sur le monde, tels sont les deux objectifs
de cette initiative originale.
© CyberEcoles, A.S. 2003
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