Collège Passy Buzenval : un journal en
ligne
Le journal devait être sur papier
: il sera en ligne. C'est le projet auquel se sont attelés
les élèves d'une classe de 4ème méthodologique
du collège de Passy Buzenval à Rueil Malmaison sous
l'impulsion de leur enseignant, professeur d'anglais et formateur
en informatique. La classe est responsable de l'organisation du
journal, du choix des sujets et de l'écriture des articles,
des illustrations et du code des pages internet. Le projet appartient
au programme NetPlusUltra. Un projet accompagné par les cybervolontaires.
Gros plan...
Le collège a déjà une expérience significative
du développement de sites internet et il est relativement
bien équipé. Dans ce contexte, Accenture apporte un
soutien méthodologique et opérationnel en termes de
conduite et d'organisation de projets. L'équipe de CyberVolontaires
contribue notamment à l'animation des séances qui
réunissent à chaque fois plus de 20 élèves.
Ce nombre élevé de participants rend les séances
assez « toniques » . L'attention des élèves,
leur capacité de concentration et leur intérêt
pour le projet lui-même ne sont pas toujours évidents
à capter ni à canaliser.
Les ateliers NetPlusUltra font partie du programme
APRES (Ateliers Pédagogiques pour la Réussite Scolaire)
mis en place par le Conseil Général des Hauts de Seine.
Ces ateliers ont pour vocation de permettre à des élèves
en difficulté d'exploiter les ressources offertes par les
Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement
(TICE)
Jean-Michel Charapoff, professeur d'anglais, formateur en informatique
" Mon intérêt pour un projet comme celui-là
est sans doute le fait de ma double formation : l'anglais et l'informatique.
Je suis donc particulièrement enclin à rebondir sur
des projets faisant appel aux nouvelles technologies. L'année
dernière, j'avais travaillé avec une classe à
thème sur les phénomènes naturels et le site
a même été publié sur Multimania sous
le titre de « Phenoweb ». Les élèves étaient
très autonomes au niveau des recherches, de la rédaction,
de la mise en page... Le travail a avancé très
vite. Tellement vite qu'après les vacances de Pâques,
ils avaient envie de faire une pause. Seul est resté un noyau
dur de 5 ou 6 passionnés qui venaient même dans la
salle informatique en dehors des heures d'ateliers. Quand on a des
élèves motivés et autonomes, on peut vraiment
faire un travail formidable ! Ils ont fait un travail formidable
! "
La conduite du projet est plus facile
avec plusieurs adultes
" Cette année, en dehors des cours d'anglais, je
m'occupe d'une classe de 4ème méthodologique avec
laquelle nous avons monté le projet de journal. Au départ,
la classe avait un projet de journal « papier ». J'ai
fait évolué le projet vers un terrain plus high-tech,
un journal en ligne, qui pouvait s'inscrire assez naturellement
dans le programme NetPlus Ultra parrainé par le Conseil Général
des Hauts de Seine pour les élèves en difficulté.
C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de NetPlusUltra que
j'ai rencontré Accenture. Ces derniers sont arrivés
à point nommé car je traversais une période
un peu difficile sur le projet. Encadrer 22 élèves
pas très « scolaires », tout seul, sur un projet
de cette nature relevait de la gageure. Depuis que les CyberVolontaires
nous ont rejoints lors de nos séances du jeudi, ça
va mieux. Les élèves ont un excellent contact avec
les personnes d'Accenture qui sont complètement intégrées
à notre structure. Et moi-même, je suis en contact
permanent avec les CyberVolontaires : nous échangeons beaucoup
d'e-mails (compte rendu sur l'état d'avancement du projet,
nouvelles idées, ...) "
Globalement, tous travaillent mais ils ont du mal à se gérer
eux-mêmes
" Pendant plusieurs semaines, nous
avons même eu la chance d'avoir quatre CyberVolontaires à
nos séances. En général , ils sont au moins
un ou deux. Les élèves restent dans l'ensemble difficiles
à mobiliser sur le contenu du projet. Ils manquent de maturité.
Mais j'ai pu refaire fonctionner les différents groupes de
travail (rédaction, infographie, informatique) que j'avais
mis en place. Et nous avançons à petit pas. L'équipe
infographie s'appuie sur les talents de l'un des élèves,
particulièrement performant dans les illustrations. Les idées
et la réalisation sont de très bonne tenue."
L'année prochaine
" Les nouvelles technologies offrent une multitude d'opportunités
pédagogiques, notamment à travers la photo numérique,
la web-cam, le multimédia... que j'ai envie d'expérimenter.
Le travail sur l'image peut se révéler très
riche d'enseignements. Par ailleurs, les projets que j'ai mis en
place jusqu'ici ne relevaient pas spécifiquement de l'apprentissage
de l'anglais, mais je compte aussi développer cet aspect
prochainement. Enfin, je trouve que les projets de cette nature
sont très enrichissants sur le plan humain : ce sont autant
d'occasions de rencontrer des personnes venant d'horizons différents
avec lesquels on peut partager des expériences. C'est indispensable
dans notre métier d'éducateur. "
Olivia, CyberVolontaire
" Notre travail consiste essentiellement à coordonner
les tâches effectuées par les élèves.
Nous avons ainsi contribué à la mise en place d'un
planning qui a permis de détailler les étapes successives
de la constitution du journal : mise en place d'une maquette, listing
des articles et des thèmes traités... "
L'organisation
Les élèves viennent deux fois 1 heure par semaine, le
jeudi après-midi. Les 2 heures n'étant pas consécutives,
l'efficacité et la concentration des élèves ne
sont pas optimales : entre le temps de mise en route, de discipline
et la dispersion éventuelle des élèves, l'heure
passe très vite.
Les séances se déroulent dans une salle informatique
d'une quinzaine de postes dont les performances sont variables.
Trois "groupes de compétence" ont été
mis en place : rédaction, graphisme et informatique. Ce dernier
territoire est pris en charge par l'enseignant qui n'utilise pas Front
Page mais " Net Object Fusion " qu'il a déjà
expérimenté l'an passé et qu'il juge plus convivial.
Au sein des groupes, chaque élève est responsable d'un
sujet : par exemple, le groupe graphisme a conçu une première
page très visuelle : il s'agit d'une chambre d'enfant où
l'on clique sur des objets ouvrant sur 3 domaines : le ballon pour
le sport, un microphone pour la musique, et une voiture... (NDLR
: comme en attestent les domaines choisis, Passy-Buzenval n'est pas
un établissement mixte ; il n'y a que des garçons !).
Les articles suivent ...
Aider les élèves à
s'approprier le projet dans toutes ses dimensions
Là réside aujourd'hui la principale difficulté
pour l'enseignant comme pour les CyberVolontaires : faire prendre
conscience aux élèves des objectifs du projet en termes
d'engagement, d'actions et de responsabilité individuelle.
L'équipe de CyberVolontaires soutient le professeur responsable
du projet en adoptant une position de facilitateur ( apport d'idées,
concepts, documentation, méthodes d'organisation) et s'implique
beaucoup dans l'animation des séances : organisation du travail
en groupe et en sous-groupe, planification du déroulement
des séances en fonction des objectifs et de l'avancement,
préparation et présentation des supports utilisés
pour informer les élèves et les aider dans leur travail
(qu'est ce qu'une équipe de rédaction, une maquette
de journal ?) , feedback des séances...
A noter cependant: aujourd'hui, certains élèves font
des « heures sup » et travaillent seuls pour peaufiner
leurs créations qu'ils sont tout fiers de montrer au professeur
et aux CyberVolontaires à la séance suivante.
Les deux principales difficultés
rencontrées par les CyberVolontaires
- se rendre disponible pour participer aux ateliers qui ont lieu
au milieu de la journée de travail et nécessitent
un trajet d'environ 3 heures aller/retour.
- faire en sorte que les élèves se sentent vraiment
responsables du projet et qu'ils prennent des initiatives.
Recommandations
L'expérience de ces derniers mois nous conduits à
penser que :
- pour que les élèves soient porteurs du projet, il
est préférable que sa formulation soit faite en les
associant au maximum, en particulier si ces élèves
sont en difficulté.
- la durée des projets pourrait dans certains cas être
raccourcie (moins d'une année scolaire), afin d'éviter
un sentiment de lassitude et une perte de motivation au fil des
mois.
- travailler en petit groupe est un impératif, à raison
de moins de 10 élèves par adulte.
© CyberEcoles, 2000
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