Pré St Gervais : Dialogue
Paris (France) - Vélingara (Sénégal) sur le Net
24 élèves d'une classe
de CE2 de l'école Anatole France du Pré Saint Gervais
se sont engagés dans un ambitieux projet de correspondance
avec l'école de Vélingara au Sénégal
via le Net. Pour le mener à bien, les élèves
s'initient avec enthousiasme à l'informatique et Internet.
Ils publient leurs recherches et leurs échanges sur le site
WEB de l'école.
Mettre en échec l'échec scolaire
L'une des équipes d'enfants est
en échec scolaire. Mais sur ce sujet-là, ils sont très motivés et
se passionnent pour la réalisation de leur page. Alors qu'ils étaient
inactifs en classe, ils ont fini par susciter l'admiration de leurs
copains par ce travail.
Un travail en petit groupe
Les ateliers ont lieu une fois par semaine, le jeudi de 15.00 à
16.00.
Ils regroupent 16 enfants de la classe de CE2 et tournent d'une
semaine à l'autre. A chaque fois, entre 3 et 4 adultes sont
présents dans la salle. Ce travail en petit groupe change
les rapports entre l'enseignante et ses élèves.
Une longue maturation
Enseignante en classe de CE2, Catherine Mansion,
prépare ce projet depuis près d'un an. Elle a d'abord
mobilisé la mairie qui a équipé une salle attenante
à l'école et dégagé un emploi ville
pour assurer la maintenance de la salle. Les PC sont dans des armoires
fermées à clé que les enseignants n'ont qu'à
ouvrir lors de la séance.
Sophie Leclercq, maman d'anciens élèves de l'école
et CyberVolontaire, soutient le projet.
De son côté, Catherine Mansion s'est lancée
dans l'informatique et peaufine désormais sa formation aux
TICE en compagnie d'Accenture. Elle participe notamment aux sessions
de formation "Internet pour tous" proposées le
mercredi après midi dans les bureaux d'Accenture.
Des surprises en cours de route
Perplexité et questionnement intense
ont surgi quand l'équipe s'est aperçue que l'électricité
n'avait pas encore rejoint le village sénégalais.
Mais il en est question pour bientôt, des ONG ont été
contactées. Donc, pas de panique : pour l'instant, on échange
des lettres traditionnelles, et on numérise grâce à
un scanner la correspondance des Sénégalais comme
celle des Français avant de la porter sur le site. En attendant
la vraie e-correspondance par Internet.
Une démarche rigoureuse et ludique
à la fois
Catherine Mansion fait progresser les élèves
de façon très méthodique.
Les premières séances ont été consacrées
à la présentation de l'informatique, puis à
l'apprentissage du clavier (un peu ardu pour les enfants) et de
la souris ("Ouah ! C'est trop facile !"), et
enfin du traitement de texte.
Ensuite s'engage la discussion en classe : comment se présenter
à nos correspondants ? Que souhaite-t-on leur dire? Chaque
élève prend en charge une page du site : présentation
de l'école, d'une activité, de la ville...
Inévitablement vient alors la frappe (dur, dur.. ). Certains
deviennent experts du copier-coller plus que du pianotage à
10 doigts : habile stratagème ! Ainsi, ils repèrent
où est déjà écrit le mot dont ils ont
besoin, par exemple dans une autre phrase, ou dans le dictionnaire
proposé dans le logiciel, puis il le copie et le réintègre
directement dans leur texte... Ce qui n'empêche pas les
discussions pour améliorer le fond et corriger l'orthographe.
Car le copier-coller, malgré toutes ses vertus, ne connaît
rien aux règles d'accords féminin/masculin, singuler/pluriel
et autres subtilités concernant la concordance des temps
!
Puis, c'est la séance prise de vues : chaque enfant prend
une photo avec l'appareil numérique prêté par
l'Education Nationale, (mais quelle complication pour les matériels
complémentaires !), et réalise la mise en page. Enfin,
il reste à porter toutes ces pages sur le site.
Côté enseignements
La motivation des enfants est nettement plus
forte que sur les projets traditionnels. Ils se sentent investis
d'une mission, et ils savent qu'ils vont être lus par d'autres
enfants : une reconnaissance gratifiante est au rendez-vous.
L'impact s'avère particulièrement bénéfique
pour les enfants en grande difficulté scolaire qui se redécouvrent
: ils s'aperçoivent (et les autres aussi) qu'ils sont capables
d'une production de qualité. Ils s'éloignent de leur
statut pesant d'élève en échec scolaire annoncé.
Catherine Mansion, qui se trouve elle aussi en situation d'apprentissage,
est parfois déstabilisée. Mais cette situation débouche
aussi sur une relation plus riche avec les élèves.
Une fois n'est pas coutume : l'échange de savoirs se fait
dans les deux sens.
Pour l'ensemble de l'équipe
enseignante de l'école, Catherine Mansion devient une référence
: elle est à la fois un relais efficace de transmission des
connaissances et des pratiques acquises au cours de ce projet.
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