L'informatique au service du progrès scolaire
ou comment l'ordinateur réforme
le Système du Jugement

Vincent Obaton, professeur de mathématiques

1. Un nouveau projet d'évaluation

2. "Le tableau virtuel"

3. Des exemples d'outils pédagogiques

4. Le rapport des enseignants à l'informatique

5. "La section Internet"

"Il faut transformer l'évaluation des élèves grâce à l'informatique : ne plus en faire une sanction décourageante mais un instrument
de progression sur longue durée"

Vincent Obaton, jeune professeur de mathématiques à Chambéry, a décidé de rendre les sommets accessibles à tous. Il a mis au point un outil d'évaluation interactif, plus dynamique et plus encourageant, adapté aux efforts et à la diversité des élèves, modifiable tout au long de l'année : un système de rattrapage permanent. Finies les sanctions irréversibles, l'évaluation sera désormais corrigée par l'élève lui-même, à son rythme et selon sa volonté... et en couleurs ! Le créateur de cet outil révolutionnaire, transposable à toutes disciplines et à tous niveaux, en expose lui-même les fonctions et les avantages. Transformer l'évaluation des élèves grâce à l'informatique, ne plus en faire une sanction décourageante mais un instrument de progression sur longue durée, telle est l'ambition de Vincent Obaton, qui expose les fonctions et les avantages de son outil, transposable à toutes disciplines et à tous niveaux.

Petite histoire du projet d'évaluation

"Depuis longtemps je trouvais que le système classique d'évaluation et de notation n'encourageait pas les élèves et même les traumatisait. Lorsque je rendais un 5/20, non seulement cette note n'apportait aucune indication positive mais en plus elle démoralisait l'élève et ne l'encourageait pas à progresser. De plus très rarement ce système prenait en compte les progressions des élèves et quoi qu'il arrive dans la suite le 5/20 restait indéfiniment toute l'année sans pouvoir revenir dessus.

J'ai donc eu l'idée de changer trois choses.

Faire de la notation un indicateur à long terme
L'évaluation doit être un indicateur et un conseil, non une sanction. Elle doit montrer le chemin de la progression et indiquer comment et sur quoi progresser. Elle ne doit pas prendre en compte une connaissance ou une non connaissance seulement au moment x mais tout le temps et toute l'année. Un élève qui n'a pas réussi un savoir-faire le jour x doit avoir la possibilité de progresser et de pouvoir prendre en compte cette progression à l'instant x + n. Il est certes important que l'élève ait acquis une notion dans l'année scolaire, mais pas forcement au premier trimestre. S'il lui faut deux trimestres pour l'acquérir, il ne faut le sanctionner pour cela. L'essentiel est qu'à la fin de l'année il ait acquis ce qui doit être acquis pour passer dans la classe supérieure.

Faire que l'élève puisse se comparer à lui-même, non aux autres
La note donne seulement une indication sur la place de l'élève par rapport aux autres et n'indique rien de précis sur soi. Il ne peut se comparer à lui-même, dans ses acquisitions et régressions. Le but de l'évaluation doit être qu'un élève sache exactement ce qu'il sait faire et ce qu'il ne sait pas faire lorsqu'on la lui donne. Qu'il ait 5/20 n'est pas très intéressant. Je pense qu'un élève dans la plupart des cas, doit être évalué sur ses propres connaissances par rapport au programme, quelles que soient les connaissances des autres dans la classe. Il doit progresser par rapport à ses propres difficultés.

Apporter autre chose que les séances de soutien classiques que l'on met en place avec toujours les mêmes élèves (en difficulté) et qui permettent de remédier aux difficultés ponctuelles dans le programme ou dans le temps.

Pour pouvoir progresser sur ces trois points, il fallait mettre en place un système très précis d'évaluation qui permette aux élèves, aux parents, aux professeurs et aux intervenants d'indiquer à quel moment et pour quelles raisons un élève a des difficultés. Il fallait aussi un système qui puisse remplacer la notation actuelle en étant très rigoureuse et avec plus d'indicateurs.

En discutant avec un Instituteur de la SEGPA de mon collège, je me suis aperçu qu'il avait déjà mis au point un tel système et que mes préoccupations n'étaient pas isolées ; j'en ai conclu qu'elles étaient légitimes. J'ai ainsi travaillé avec un des instituteurs (Christian Lemoigne) de mathématiques à la conception d'un livret de suivi pédagogique pour la classe de sixième. Nous avons listé tous les savoirs et savoir-faires qu'un élève doit avoir acquis à la fin de la sixième. Puis nous nous sommes inspirés d'une notation du primaire qui utilise les couleurs (Vert : Savoir ou savoir-faire réussi, Orange : Savoir ou savoir-faire en cours de réussite et Rouge : Savoir et savoir-faire non réussi).

Pourquoi utiliser des couleurs et ne pas utiliser les lettres (R, ECR, NR) ? pour une seule raison : la lecture en est plus rapide et aisée. En revanche cela peut poser un problème aux daltoniens ; mais il est possible de faire autrement. Nous n'avons pas poursuivi notre travail en commun et je le regrette vraiment, car les instituteurs de SEGPA ont beaucoup à nous apprendre sur plusieurs sujets.

Après avoir fait ce livret de suivi j'ai construit au fur et à mesure les évaluations correspondant à chaque savoir et savoir-faire listés. J'ai fait le même travail pour les autres classes de collège : un livret de suivi pour chacune des classes, des évaluations mono-objectif, un bilan."

L'évaluation et utilisation du livret de suivi

"Au début de chaque année, je distribue un livret de suivi pédagogique à chaque élève, et j'en garde un exemplaire pour chacun d'eux. Au cours de chaque chapitre, je leur donne à faire des évaluations mono-objectifs pour mettre en évidence les points précis qui leur posent des problèmes - ou qui ne leur en posent pas. Je corrige en leur indiquant par des couleurs ce qu'ils n'ont pas réussi et ce qu'ils ont réussi. Après ces évaluations, lorsque la majorité n'a pas réussi, on corrige tout en classe entière en refaisant l'explication, si ce sont seulement quelques élèves qui sont en difficulté, j'utilise des heures de soutien, de remédiation ou d'aide individualisée pour retravailler ces points. Même là je manque de temps pour remédier à leurs difficultés. Il faut aussi qu'ils retravaillent seuls les points non réussis.

Après chaque évaluation, ils reportent leurs couleurs sur leur livret de suivi, ce qui leur permet d'avoir toujours sur eux le bilan de leurs connaissances, aux parents d'avoir rapidement une photographie des réussites et non réussites de leurs enfants, aux intervenants enfin (aides éducateurs, professeurs de soutien, intervenants en étude dirigées) de pouvoir déterminer les travaux à faire. Je reporte aussi à chaque fois leurs résultats sur mes livrets de suivi pour pouvoir mettre en place facilement les groupes de besoins.

A la fin de chaque chapitre je les préviens une semaine en avance qu'ils vont avoir une évaluation bilans et je leur indique sur quoi elle portera. Ils doivent donc à l'aide des indications données par les évaluations mono-objectifs préparer leur évaluation bilan. Cette évaluation bilan ne porte pas seulement sur les savoirs et savoirs-faire abordés au cours du chapitre, mais aussi sur les précédents.
Après cette évaluation, ils reportent aussi les couleurs sur leur livret de suivi et peuvent constater leurs progrès ou leur régression par rapport aux précédentes évaluations.

A la fin du premier trimestre, je calcule le pourcentage de réussite de chacun des élèves. Je considère qu'un savoir ou un savoir-faire peut être comptabilisé comme réussi dans les cas suivants :

NR ou ENR ou R
R
R
REUSSITE
R
NR
R
A l'appréciation du prof.
R
R
NR
A l'appréciation du prof.
NR
NR
R
Non REUSSITE
NR
R
NR
Non REUSSITE
NR ou R
NR
NR
Non REUSSITE
ABS ou Non RÉPONSE
R
NR
A voir plus tard

Je considère qu'un élève doit avoir au moins entre 60 et 65 % pour estimer pourvoir suivre sans trop de difficultés la classe suivante. Je donne donc la note 10/20 aux élèves qui ont entre 60% et 65 % de réussite puisqu'il faut que j'inscrive une note sur le bulletin et que le logiciel informatique GEP ne prend pas en compte les pourcentages.

A la fin du deuxième trimestre je calcule le pourcentage de réussite depuis le début de l'année et à la fin du troisième trimestre je calcule le pourcentage de réussite aussi depuis le début de l'année.

A tout moment de l'année les élèves peuvent demander à être réévalués de nouveau sur un point qu'ils auraient retravaillé. Dans ce cas il me donne un papier avec les 3 ou 4 codes à rattraper et je leur prépare une évaluation personnelle qu'ils passent lors d'une heure d'aide individualisée. Ils doivent juste attendre d'avoir au moins trois couleurs sur un savoir ou un savoir-faire pour pouvoir demander à être réévalué. Ils peuvent le demander sur des sujets récents mais aussi sur des sujets abordés en début d'année.

Le but est de leur permettre à tout moment de progresser et de prendre en compte dans les résultats cette progression. Par exemple il est important de savoir utiliser le théorème de Pythagore à la fin de l'année de quatrième, mais rien n'oblige à le savoir au moment où le professeur le décide. Ils ne peuvent pas en revanche tout rattraper à la fin de l'année et ils doivent donc s'organiser."

Problèmes rencontrés

"Pour utiliser ce système il me faut beaucoup de temps avec les élèves. Du temps pour évaluer, du temps pour relever les résultats, du temps pour discuter des résultats avec les élèves individuellement et surtout du temps pour pouvoir remédier aux difficultés rencontrées. Je cherche quelqu'un de compétent en programmation ou en création de base de données pour m'informatiser tout le système et permettre une gestion moins lourde des résultats des élèves."

http://lamia.lille.iufm.fr/cv/

"Tous les documents sur mon travail sont à l'adresse" http://www.ecomaths.com.

L'informatique et l'enseignement

"Je ne suis pas pour le tout informatique mais je pense qu'il est très intéressant de pouvoir illustrer nos cours par des animations projetées au tableau. C'est pour ça que j'ai très vite adhéré au groupe Tableau Virtuel de l'Académie de Lille qui a mis en place un espace d'échange d'animations et d'expériences sur Internet (http://lamia.lille.iufm.fr/cv/ ).

J'attends avec impatience le moment ou l'Education Nationale va mettre à notre disposition du matériel pour utiliser tous ces outils mais en attendant, je suis en train de construire quelques animations à l'aide de PowerPoint.

J'ai mis en place avec des collègues de mon ancien collège (comme Jean-Paul Alexandre, professeur d'allemand) une section Internet. Le but est de mettre en place un groupe d'élèves qui mettront en place et géreront le site du collège. Les élèves sont formés à l'utilisation de l'informatique, à la création et la gestion d'un site Internet. Ils construisent la structure, des pages personnelles et mettent à jour le site grâce aux documents faits par d'autres. Je vais aussi mettre en ligne tous les documents sur cette section Internet.

J'utilise aussi l'informatique avec mes élèves en utilisant les logiciels classiques de maths (Géoplan, Géospace, Lilimath, Smao). Internet m'a donné la possibilité d'être moins isolé pédagogiquement et d'apprendre beaucoup de choses en participant aux groupes de discussions et en visitant les nombreux sites de maths et pédagogique sur la toile."

Autre projet : description globale du projet de développement des Tice dans le collège Côte Rousse

Objectifs

Développer la maîtrise et l'utilisation de l'informatique par tous les acteurs de l'établissement (élèves et adultes) et permettre une ouverture du collège vers l'extérieur.
Développer la maîtrise et l'utilisation des TICE pour les adultes
Formation Interne des personnels du collège.
Formation aux logiciels courants ( traitement de texte, tableur)
Utilisation des périphériques( Scanners, appareil photo) et création de documents.
Formation à la recherche sur Internet.
Formation au courrier électronique et ouverture de boîtes aux lettres
Création de pages Internet
Création d'un site Internet pour les adultes.

Le site du collège

Faire une présentation officielle du collège
Permettre aux adultes du collège de placer en ligne leurs documents pédagogiques et permettre un échange avec des collègues des autres établissements en créant des discussions dans les forums.
Construction d'un portail contenant les adresses utiles à tous les personnels du collège.

Adresse : http://perso.infonie.fr/vaae/

L'informatique dans les cours

Développement d'un projet de tableau virtuel pour les cours (écran ou TV)
Faire entrer l'informatique dans le déroulement des cours en utilisant la projection d'un écran sur le tableau. Création d'animations, d'images et de tout autre document utile dans les cours.
Permettre aux adultes de posséder une boîte aux lettres électronique
Mettre en place des échanges avec les collègues des autres établissements de France ou de pays étrangers.
Développer la maîtrise et l'utilisation des TICE pour les élèves
Création d'un site Internet par et pour les élèves

Adresse : http://www.ac-grenoble.fr/college/...

Le site des élèves

Mettre en place un groupe d'élèves "rédacteurs en chef" du site qui construit la page d'accueil et la structure du groupe et qui organise les pages créées par les autres élèves et dans toutes les matières.
Permettre aux élèves de présenter leurs travaux ou de créer des pages personnelles sur le site du collège.

Tous les élèves pourront placer leurs travaux (Dossiers, pages personnelles, compte rendu de sortie scolaire, stages SEGPA, stage des 3ème et 4ème d'Aide et de soutien, le journal, etc.)

Construction d'un portail pour les élèves où trouver des adresses utiles pour la visite des sites d'aide au travail pour travailler en autonomie et les guider dans les recherches documentaires.

Adresse : http://perso.infonie.fr/vaae/Eleves.html

Développement d'un projet de tableau virtuel pour les élèves
Créer une base de documents virtuels ( animations, images, documents) qui pourront être utilisés en cours, en groupes ou en travail individuel au CDI.
Ils pourront :

- permettre aux élèves de pouvoir visionner des cours et des animations sur ordinateurs de façon autonome au collège ou chez eux.
- donner accès à des ordinateurs au collège pour travailler, découvrir, s'évaluer ; permettre aux animateurs des études dirigées, des parcours diversifiés, de l'aide individualisée, etc. ; offrir un autre support complémentaire pour apporter de l'aide aux élèves ; permettre aux élèves de posséder une boîte aux lettres électronique.

Ouvrir le collège vers l'extérieur

Création d'un CDROM de présentation du collège.
Création d'un CDROM qui sera distribué aux écoles primaires, aux parents et aux élèves qui le souhaitent et aux correspondants étrangers.
Création d'échanges avec les élèves d'autres établissements
Mettre en place un échange avec d'autres collèges, des écoles primaires et des élèves d'autres pays.
Mettre en place un réseau d'orientation
Faire une présentation des entreprises des environs et permettre aux élèves de les consulter librement, dans le but de mieux connaître l'environnement économique.
Réaliser des fiches sur les entreprises après chaque stage afin de constituer une banque de données pour faciliter l'accueil ou la recherche de lieux de stage.
Faire découvrir le site de l'ONISEP (ou tout autre site) et permettre aux élèves de pouvoir consulter tous les renseignements utiles pour leur orientation.

Adresse : http://perso.infonie.fr/vaae/Orientations.html

© CyberEcoles, Ariel Suhamy, janvier 2001

Année du projet
2000-2001
Etablissement
Collège CÔTE ROUSSE, 244, Avenue Daniel Rops 73000 CHAMBÉRY
Classe collège
Contact établissement Vincent Obaton
Contact

Jeanne Suhamy

Adresse du site Internet

http://www.ac-grenoble.fr/college/...
obaton@ecomaths.com