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Vincent Obaton, jeune professeur de mathématiques à Chambéry, a décidé de rendre les sommets accessibles à tous. Il a mis au point un outil d'évaluation interactif, plus dynamique et plus encourageant, adapté aux efforts et à la diversité des élèves, modifiable tout au long de l'année : un système de rattrapage permanent. Finies les sanctions irréversibles, l'évaluation sera désormais corrigée par l'élève lui-même, à son rythme et selon sa volonté... et en couleurs ! Le créateur de cet outil révolutionnaire, transposable à toutes disciplines et à tous niveaux, en expose lui-même les fonctions et les avantages. Transformer l'évaluation des élèves grâce à l'informatique, ne plus en faire une sanction décourageante mais un instrument de progression sur longue durée, telle est l'ambition de Vincent Obaton, qui expose les fonctions et les avantages de son outil, transposable à toutes disciplines et à tous niveaux.
"Depuis longtemps je trouvais que le système classique d'évaluation et de notation n'encourageait pas les élèves et même les traumatisait. Lorsque je rendais un 5/20, non seulement cette note n'apportait aucune indication positive mais en plus elle démoralisait l'élève et ne l'encourageait pas à progresser. De plus très rarement ce système prenait en compte les progressions des élèves et quoi qu'il arrive dans la suite le 5/20 restait indéfiniment toute l'année sans pouvoir revenir dessus. J'ai donc eu l'idée de changer trois choses. Faire de la notation un indicateur à
long terme Faire que l'élève puisse se
comparer à lui-même, non aux autres Apporter autre chose que les séances de soutien classiques que l'on met en place avec toujours les mêmes élèves (en difficulté) et qui permettent de remédier aux difficultés ponctuelles dans le programme ou dans le temps. Pour pouvoir progresser sur ces trois points, il fallait mettre en place un système très précis d'évaluation qui permette aux élèves, aux parents, aux professeurs et aux intervenants d'indiquer à quel moment et pour quelles raisons un élève a des difficultés. Il fallait aussi un système qui puisse remplacer la notation actuelle en étant très rigoureuse et avec plus d'indicateurs. En discutant avec un Instituteur de la SEGPA de mon
collège, je me suis aperçu qu'il avait déjà
mis au point un tel système et que mes préoccupations
n'étaient pas isolées ; j'en ai conclu qu'elles étaient
légitimes. J'ai ainsi travaillé avec un des instituteurs
(Christian Lemoigne) de mathématiques à la conception
d'un livret de suivi pédagogique pour la classe de sixième.
Nous avons listé tous les savoirs et savoir-faires qu'un
élève doit avoir acquis à la fin de la sixième.
Puis nous nous sommes inspirés d'une notation du primaire
qui utilise les couleurs (Vert : Savoir ou savoir-faire réussi,
Orange : Savoir ou savoir-faire en cours de réussite et Rouge
: Savoir et savoir-faire non réussi). Après avoir fait ce livret de suivi j'ai construit au fur et à mesure les évaluations correspondant à chaque savoir et savoir-faire listés. J'ai fait le même travail pour les autres classes de collège : un livret de suivi pour chacune des classes, des évaluations mono-objectif, un bilan."
"Au début de chaque année, je distribue un livret de suivi pédagogique à chaque élève, et j'en garde un exemplaire pour chacun d'eux. Au cours de chaque chapitre, je leur donne à faire des évaluations mono-objectifs pour mettre en évidence les points précis qui leur posent des problèmes - ou qui ne leur en posent pas. Je corrige en leur indiquant par des couleurs ce qu'ils n'ont pas réussi et ce qu'ils ont réussi. Après ces évaluations, lorsque la majorité n'a pas réussi, on corrige tout en classe entière en refaisant l'explication, si ce sont seulement quelques élèves qui sont en difficulté, j'utilise des heures de soutien, de remédiation ou d'aide individualisée pour retravailler ces points. Même là je manque de temps pour remédier à leurs difficultés. Il faut aussi qu'ils retravaillent seuls les points non réussis. Après chaque évaluation, ils reportent leurs couleurs sur leur livret de suivi, ce qui leur permet d'avoir toujours sur eux le bilan de leurs connaissances, aux parents d'avoir rapidement une photographie des réussites et non réussites de leurs enfants, aux intervenants enfin (aides éducateurs, professeurs de soutien, intervenants en étude dirigées) de pouvoir déterminer les travaux à faire. Je reporte aussi à chaque fois leurs résultats sur mes livrets de suivi pour pouvoir mettre en place facilement les groupes de besoins. A la fin de chaque chapitre je les préviens
une semaine en avance qu'ils vont avoir une évaluation bilans
et je leur indique sur quoi elle portera. Ils doivent donc à
l'aide des indications données par les évaluations
mono-objectifs préparer leur évaluation bilan. Cette
évaluation bilan ne porte pas seulement sur les savoirs et
savoirs-faire abordés au cours du chapitre, mais aussi sur
les précédents. A la fin du premier trimestre, je calcule le pourcentage de réussite de chacun des élèves. Je considère qu'un savoir ou un savoir-faire peut être comptabilisé comme réussi dans les cas suivants :
Je considère qu'un élève doit avoir au moins entre 60 et 65 % pour estimer pourvoir suivre sans trop de difficultés la classe suivante. Je donne donc la note 10/20 aux élèves qui ont entre 60% et 65 % de réussite puisqu'il faut que j'inscrive une note sur le bulletin et que le logiciel informatique GEP ne prend pas en compte les pourcentages. A la fin du deuxième trimestre je calcule le pourcentage de réussite depuis le début de l'année et à la fin du troisième trimestre je calcule le pourcentage de réussite aussi depuis le début de l'année. A tout moment de l'année les élèves peuvent demander à être réévalués de nouveau sur un point qu'ils auraient retravaillé. Dans ce cas il me donne un papier avec les 3 ou 4 codes à rattraper et je leur prépare une évaluation personnelle qu'ils passent lors d'une heure d'aide individualisée. Ils doivent juste attendre d'avoir au moins trois couleurs sur un savoir ou un savoir-faire pour pouvoir demander à être réévalué. Ils peuvent le demander sur des sujets récents mais aussi sur des sujets abordés en début d'année. Le but est de leur permettre à tout moment de progresser et de prendre en compte dans les résultats cette progression. Par exemple il est important de savoir utiliser le théorème de Pythagore à la fin de l'année de quatrième, mais rien n'oblige à le savoir au moment où le professeur le décide. Ils ne peuvent pas en revanche tout rattraper à la fin de l'année et ils doivent donc s'organiser."
"Pour utiliser ce système il me faut beaucoup de temps avec les élèves. Du temps pour évaluer, du temps pour relever les résultats, du temps pour discuter des résultats avec les élèves individuellement et surtout du temps pour pouvoir remédier aux difficultés rencontrées. Je cherche quelqu'un de compétent en programmation ou en création de base de données pour m'informatiser tout le système et permettre une gestion moins lourde des résultats des élèves." http://lamia.lille.iufm.fr/cv/ "Tous les documents sur mon travail sont à l'adresse" http://www.ecomaths.com.
"Je ne suis pas pour le tout informatique mais
je pense qu'il est très intéressant de pouvoir illustrer
nos cours par des animations projetées au tableau. C'est
pour ça que j'ai très vite adhéré au
groupe Tableau Virtuel de l'Académie de Lille qui a mis en
place un espace d'échange d'animations et d'expériences
sur Internet (http://lamia.lille.iufm.fr/cv/ ).
Objectifs Le site du collège L'informatique dans les cours Le site des élèves Développement d'un projet de tableau virtuel
pour les élèves
Ouvrir le collège vers l'extérieur © CyberEcoles, Ariel Suhamy, janvier 2001
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