South AfricaNet 2001,
l'ordinateur au secours de l'Afrique

Laurent Bardin, président et fondateur
de l'association "Technologie Sans Frontière"

1. Les origines de l'association "Technologie Sans Frontière"

2. Le projet South AfricaNet 2001

3. Le prolongement du projet : un enseignement à distance par satellite

"Il faut mettre en place des projets d'enseignement des TIC dans les régions isolées d'Afrique du Sud."

"South AfricaNet" est un projet hors du commun que CyberEcoles est fier de présenter à ses lecteurs. Son principal objectif est de mettre en place des projets d'enseignement des Technologies de l'Information et de la communication dans les régions isolées d'Afrique du Sud. Ce projet est l'œuvre de Laurent Bardin, président et fondateur de l'association "Technologie Sans Frontière", association loi 1901 de solidarité internationale. L'ambition : munir l'Afrique du Sud d'ordinateurs récupérés en Europe, former des ingénieurs informatiques sur place et à distance, afin de permettre à l'économie africaine de se développer de manière autonome. Laurent Bardin va partir d'ici quelques semaines installer les premiers appareils et former les premiers ingénieurs pendant plusieurs mois : il lance un appel aux bonnes volontés, aux sponsors, et à tous ceux qui ont des ordinateurs à proposer.

Historique du projet

Rencontre avec Peter à Stellenbosch

"La première fois que j'ai rencontré Peter, raconte Laurent Bardin, c'était au CSIR, un laboratoire de recherche sud-africain équivalent au CNRS. J'avais décidé de partir dix mois en Afrique du Sud, pour mon stage de fin d'année d'études d'ingénieur en informatique, en septembre 1998.

Peter est le nom anglais que l'on avait donné à Thembaletu, un stagiaire en graphisme au centre de recherche, d'origine Xhosa. Thembaletu est le premier Sud-africain noir que j'ai rencontré avec lequel j'ai passé de longues soirées à apprendre sa langue et ses traditions. Thembaletu vivait avec sa famille à Kayamandi, le Township de Stellenbosch, à une cinquantaine de kilomètres au Nord de Cape town.

Je me souviens de la première fois que je suis allé chez lui : je demandais mon chemin, peu rassuré par l'endroit dans lequel je me trouvais, tant de rumeurs circulaient sur la vie des townships qu'aucun blanc n'osait s'y aventurer. Donc j'ai demandé l'adresse de Thembaletu et personne n'a osé me répondre : d'abord parce que la présence d'un blanc était plus que surprenante, ensuite parce que l'apartheid avait laissé quelques traces - un blanc qui vient poser des questions est forcément un policier. J'ai finalement réussi à rencontrer sa famille, et presque tous les gens de son entourage, à m'habituer à eux et eux à moi...J'ai même enseigné dans un lycée équipé de matériel informatique pendant quatre mois.

Ce lycée avait bénéficié du jumelage de la ville de Stellenbosch avec une ville allemande pour obtenir du matériel mais personne n'avait les compétences requises pour s'en servir, donc je suis intervenu..."

Voyage dans le Zoulouland

"Je préparais mon dîner dans la cuisine de la résidence où je vivais lorsque j'ai entendu pour la première fois un groupe de jeunes gens chanter. Les chants n'étaient pas communs à tout ce que j'avais pu entendre jusqu'à présent : tel un groupe de chanteurs de Gospel avec le soliste et le cœur qui reprenait et qui faisait varier le son du grave à l'aigu. C'est ma première rencontre avec Mzwakhe, un étudiant en droit d'origine Zoulou.

Mzwakhe m'a expliqué que ce que j'avais entendu n'était pas des chants mais tout simplement des amis qui se racontaient leur journée dans leur langue natale. Mzwakhe était fils de chef de village près d'Ulundi, la capitale du Zoulouland, il avait obtenu une bourse pour venir suivre ses études au Cap et nous résidions au même endroit. Après le Xhosa, je me suis donc mis à apprendre le Zoulou avec les différences qui les caractérisaient.

Les Xhosas et les Zoulous sont des peuples qui ont été séparés durant l'apartheid, une séparation qui leur a coûté une paix entre deux peuples. Mzwakhe et Thembaletu n'ont jamais pu être amis et pourtant l'un comme l'autre respectait mon amitié avec l'un et l'autre.

C'est en visitant la famille de Mzwakhe à Ulundi que j'ai fait la connaissance d'un directeur de lycée. Comme à Kayamandi, il avait conscience que le monde était en train de changer, mais qu'il ne leur était pas permis de suivre ces évolutions faute de moyens et de compétences. Contrairement à Stellenbosch, les écoles ne disposaient pas de matériel informatique mais en exprimaient un réel besoin..."

L'association Technologie Sans Frontière

Technologie Sans Frontière est une association à but non lucratif de solidarité internationale créée en décembre 1999 par Laurent Bardin, ingénieur en informatique, à proximité de la Technopole de Sophia Antipolis. Cette proximité offre à Technologie Sans Frontière l'occasion d'être un tremplin pour les technologies présentes vers des pays demandeurs. Elle place les entreprises au cœur d'un mouvement de solidarité internationale.

Son principal objectif est de mettre en place des projets d'enseignement des Technologies de l'Information et de la communication dans les régions isolées d'Afrique du Sud.

Pourquoi ? Victimes de l'isolement durant l'apartheid, un certain nombre de régions sud africaines souffrent encore aujourd'hui d'un manque inégalé de structures, de moyens et de compétences pour suivre l'évolution économique du pays. Technologie Sans Frontière veut venir en aide à une population victime du chômage, du SIDA et de l'exclusion en lui permettant d'avoir accès au savoir et à l'échange.

Le Président Fondateur, Laurent Bardin, ingénieur en informatique diplômé de l'ENSEEIHT (l'Ecole Nationale Supérieure d'Electronique, Electrotechnique, Informatique et Hydraulique de Toulouse), développe l'association à plein temps. Laurent Bardin a obtenu son diplôme après 10 mois de stage de fin d'année à Stellenbosch, en Afrique du Sud. Au cours de son voyage, il a approché les communautés noires sud-africaines et a pu identifier leurs besoins. Bien plus même que des besoins, les populations et particulièrement les professeurs et lycéens ont exprimé le souhait de disposer de matériel informatique dans leurs écoles pour vaincre cette ignorance dans laquelle ils ont été plongés depuis tant de décennies. A son retour en septembre 99, il réfléchit au moyen d'intervenir dans leur système éducatif et crée en décembre Technologie Sans Frontière pour que tout le matériel inutilisé en France ne soit plus détruit mais redirigé vers des pays du Sud. L'ambition est double : rediriger les technologies au lieu de les détruire et tenter de réduire la fracture numérique Nord / Sud.

Le projet South AfricaNet 2001

Objectifs

"South AfricaNet 2001" a pour unique but d'offrir l'accès à l'information et la communication à des lycéens de la capitale du Zoulouland, Ulundi, suite à la demande pressante de certains chefs d'établissement sud africains.

South AfricaNet 2001 consiste à :
- équiper 5 lycées de 750 à 1000 étudiants dans la capitale avec 10 ordinateurs connectés à Internet par lycée d'ici au premier semestre 2002.
- former les lycéens et professeurs à leur utilisation.
- installer une configuration complète récepteur / diffuseur via satellite.
- poursuivre les formations à distance à raison de 4 heures par semaine.
Ces 5 premiers lycées ont été sélectionnés d'après leurs infrastructures pré-e
xistantes : salles équipées (des prises électriques à chaque table). Les lycées sont déjà reliés au téléphone, il suffit donc d'installer une prise dans chaque salle informatique.

L'impact

Internet est au cœur des formations dont bénéficieront les élèves et les professeurs. Ils auront accès aux plus grandes richesses culturelles et intellectuelles, ils communiqueront avec leurs homologues étrangers et pourront accroître leur degré de connaissances actuel.

Pour tous il s'agira de mettre un terme à leur ignorance. Pour certains, il s'agira d'ouvrir les portes aux études supérieures. Pour d'autres encore, il s'agira peut-être d'utiliser directement leurs nouvelles compétences pour développer des activités commerciales sur le web. Quoi qu'il en soit, ils seront tous informés et libres de choisir leur avenir.

Les partenaires

CommTime Cast, spécialiste des télécommunications, met une configuration complète récepteur / diffuseur via satellite à la disposition de TSF, avec 4 heures de diffusion hebdomadaire. Pour permettre cette diffusion, CommTime Cast fournit un ordinateur de puissance nécessaire (Pentium 600 Mhz), un écran projecteur, une paire d'enceintes avec un caisson de basse. Un technicien accompagnera l'équipe de Technologie Sans Frontière à Ulundi pour installer ce matériel sophistiqué, former un professeur à son utilisation puis le tester avant de repartir.

BPI Sophia Antipolis, société de replacement, ressources humaines et formations, a fait don de cinq stations complètes en mars 2001 : ordinateurs + imprimantes. BPI est devenu un partenaire fidèle et permanent : c'est la seconde fois que BPI offre du matériel et il promet de renouveler l'opération dès qu'il le pourra.

Experian, services et ingénierie informatiques, a offert une dizaine d'ordinateurs.

NCR Sophia Antipolis, constructeur informatique, fournit 5 PC portables. NCR devient également un partenaire permanent. Ces PC portables vont compléter la liste d'ordinateurs déjà acquis.

Ulundi la ville

Ulundi est situé à quelques 250 kilomètres du grand port de Durban dans la province du Kwazulu-Natal au nord-est de l'Afrique du Sud. Forte de ses 40 000 habitants, Ulundi regroupe une dizaine de lycées, un hôpital et un centre administratif chargé de gérer la région. Aux alentours, ce sont des milliers de hameaux constitués pour la plupart de huttes en bois qui forment les habitations à une population vivant dans des conditions ancestrales.

Capitale du Zoulouland, terre du peuple Zoulou, Ulundi a été le quartier général des rois Zoulous, entourés d'un peuple de grands guerriers qui sont sortis à plusieurs reprises vainqueurs de grandes batailles. Lorsque l'Europe s'est imposée au peuple Zoulou, leur condition est passée de celle de guerrier à celle d'esclave. Pendant l'apartheid, le gouvernement a décrété que le Zoulouland deviendrait un bantoustan : un lieu où serait parquée la majorité noire africaine sans aucun droit de sortie, sans moyen de subsistance, sous nourrie, entièrement mise à l'écart de tout développement économique et social. Aujourd'hui encore, le Zoulouland reste isolé, très appauvri et ancré dans de profondes traditions africaines.
Pourtant, sur un plan socio-économique, Ulundi possède les infrastructures nécessaires (installations électriques, téléphoniques, réseaux routiers,...) au développement d'une minorité même si la plupart des habitants vivent encore dans des conditions très précaires (sans eau ni électricité). Toute la région autour de la capitale Ulundi est jugée dangereuse par la majeure partie des sud africains blancs (plusieurs émeutes pendant les élections de 1994) ; néanmoins, cela ne reflète guère la réalité comme l'a observé Laurent Bardin pendant son voyage. Sa seule présence a suffi pour attirer la curiosité et la sympathie de la population jusqu'à créer une complicité sans pareil.

S'y rajoute une situation politique ambiguë : M. Buthelezi, Ministre de l'intérieur, originaire d'Ulundi, lutte âprement contre les leaders de l'opposition au pouvoir, Nelson Mandela et l'actuel président Thabo Mbeki. A noter cependant que récemment on a constaté un effort de coalition entre le Président Thabo Mbeki et le Ministre de l'intérieur Buthelezi pour instaurer une politique de développement liée aux TIC afin de sortir ces populations de l'ignorance et de l'isolement.

Les actions en France

Recherche de matériel informatique

Technologie Sans Frontière sollicite les entreprises informatiques en région PACA, les structures publiques ou privées en France, tout secteur d'activité confondu. Matériel recherché : PC multimédia de type Pentium, première génération (PI) voire deuxième (PII) ; imprimantes et scanners ; routeurs, hubs et switchs.

Recherche de financement

Nous comptons sur le soutien financier des structures publiques ou privées en les sollicitant et en répondant aux appels d'offres de grandes ONG et/ou aux appels à projets de plusieurs organismes et fondations, ex. : "la course en solidaire" des mutualités françaises, "Multimédia pour tous" de la Fondation de France.

Recherche de volontaires

Technologie Sans Frontière travaille d'ores et déjà avec des étudiants de
l'ENSEEIHT pour la mise en place des programmes de formation. La Guilde
Européenne du Raid propose par le biais de sa structure "Solidarité Etudiante" une aide pour la recherche de volontaires. Technologie Sans Frontière s'adresse aux écoles de commerce pour prospecter auprès des entreprises françaises et rapporter du matériel informatique.

Activités médiatiques

Contacts avec les presses régionale et nationale et les webzines (domaine : informatique, social et quotidiens) pour promouvoir le projet et l'association en France auprès des professionnels et particuliers.
Site web : www.tsfworld.org.

Les actions en Afrique du Sud

Installation du matériel

Une équipe partira en juillet 2001 pour installer le matériel informatique dans les salles préposées, et restera jusqu'en octobre pour démarrer ensuite l'enseignement à distance. Un premier lycée sera entièrement équipé avec 10 ordinateurs connectés à un réseau et Internet. Les 4 autres lycées disposeront chacun d'1 ou 2 ordinateurs connectés à Internet avant d'être entièrement équipés en décembre 2001, ce qui permettra de former au préalable les professeurs de ces lycées. L'équipement complet et l'enseignement sur place seront achevés à la fin du premier semestre 2002. Le télé-enseignement fera, en permanence, partie intégrante de l'enseignement.

Formations sur place

- Des professeurs : une minorité maîtrise déjà un peu les outils : nous complèterons leurs acquis pour qu'ils interviennent dans les formations.
- Des lycéens : ils ont en général entre 11 et 18 ans, répartis dans plusieurs classes sur 8 niveaux différents : de la 5ème à la 12ème, suivant la méthode anglo-saxonne ; aucun d'entre eux n'a encore vu ni touché un ordinateur.

Les cours seront répartis ainsi : une heure chaque semaine prévue dans leur emploi du temps + une permanence chaque après-midi de 3 heures (3 x 1 heure) du lundi au samedi matin.

Evaluation et continuité

L'évaluation des élèves se fera traditionnellement par la méthode de notes attribuées à leur devoir. Nous pourrons observer les progressions en fonction de leurs intérêts, leurs motivations et l'impact sur leur comportement. Plus loin encore, l'évaluation se fera en fonction de leur choix futur : école supérieure...
La continuité grâce au télé enseignement : notre partenariat avec CommTime Cast permettra aux étudiants de recevoir à raison de 4 heures par semaine un ensemble d'informations nécessaires et complémentaires aux formations données sur place. Nous recherchons des partenaires spécialisés sur le marché du e-learning, et mettons en place des cours avec des écoles supérieures.

Démarches administratives et commerciales

- auprès du gouvernement Sud Africain pour obtenir des aides et faciliter notre implantation grâce au ministre de l'intérieur, Mr Buthelezi, originaire d'Ulundi.
- auprès des entreprises implantées pour les sensibiliser aux besoins en matériel et financement et compléter notre potentiel informatique.
- auprès des médias pour atteindre un grand nombre d'acteurs économiques.

Des bénévoles volontaires

- Vice-Présidente : Sylvie Lasnier, spécialisée dans les métiers de la communication, développe les activités médiatiques en priorité. Elle apporte également sa contribution pour ce qui concerne les démarches administratives, financières et commerciales...
- Administrateur réseau : Loïc Garrie, a développé le site Internet en France et installera le matériel en Afrique du Sud. Il se charge de vérifier tout type de matériel informatique et de le remettre en état si besoin.
Romain Dartigues, autodidacte en Informatique, intervient à plusieurs niveaux : définition d'un logo, recherche d'informations sur Internet,...
- Des étudiants volontaires issus des écoles d'ingénierie, de commerce... joignent leurs efforts et leurs compétences à l'association pour contribuer à l'élaboration des projets en Afrique du Sud. Ils accompagnent les membres bénévoles dans le pays concerné pour former les lycéens et professeurs. En France, certains participent à la préparation des formations pédagogiques.

Des partenaires

M Pierre Lafitte, Sénateur, directeur de la Fondation Sophia Antipolis, soutient et encourage l'initiative de Technologie Sans Frontière.
M Aschiéri, Député des Alpes-maritimes, soutient la mise en relation de l'association avec certaines entreprises de Sophia et le conseil régional en recommandant notre structure.

Le ministère de l'Education sud africain appuie l'initiative de Technologie Sans Frontière en Afrique du Sud. Toute démarche pour faire de cet appui un soutien permanent et une aide est en cours.

La Guilde Européenne du Raid, association reconnue d'utilité publique, soutient les démarches administratives et les recherches de financement d'association de solidarité internationale en apportant des formations et des conseils adaptés.

L'Enseeight de Toulouse, école d'ingénieur où Laurent Bardin a suivi ses études, est partenaire pour la mise en place de programmes de formation adaptés aux TIC et applicables en Afrique du Sud.

ASSKO France, service copie, permet à l'association de réduire ses dépenses administratives en offrant des réductions sur tout document copié.

Cyperus, société de diffusion d'information auprès de la presse et des professionnels à travers laquelle nous diffusons nos communiqués de presse.

© CyberEcoles, Ariel Suhamy, avril 2001

Année du projet
1999-2001
Etablissement
Lycées du Zoulouland (Afrique du Sud)
Classe Lycée
Contact établissement Sylvie Lasnier, Vice-Présidente 17 chemin du Suye - 06530 Peymeinade : 04 93 66 33 29
Contact

Jeanne Suhamy

Adresse du site Internet

Site Web : www.tsfworld.org
email : tsfworld@hotmail.com

Retrouvez le portrait de Laurent Bardin dans DRH Actu : www.drhactu.com/initiative/...