Sésamath :
la caverne d'Ali Baba des profs de maths
Sébastien Hache, professeur
de mathématiques
1. Un
regroupement entre les enseignants en mathématiques
2. Un
projet fédérateur de projets
3."
Internet ", notre base de travail
Ils ne sont pas encore quarante,
mais leur site regorge déjà de trésors. Sébastien
Hache est l'un des nombreux confédérés du projet
Sesamath, qui regroupe toute une série de projets que CyberEcoles
présentera dans les semaines à venir. Ce regroupement
a permis de "tisser des liens,
une toile dans la toile" entre les enseignants en mathématiques.
Sésamath, c'est une sorte de portail qui regroupe toutes
sortes de sites constitués individuellement et spontanément,
en fonction de leurs besoins en classe, par les enseignants. Comme
ceux-ci n'ont pas nécessairement une formation technologique
très poussée, la collaboration tient lieu ici de compétence
: chacun apporte son propre savoir-faire à l'édifice,
et les résultats sont gracieusement mis à la disposition
de tous. L'ambition est aussi politique : il s'agit de dépasser
l'inégalité des développements autour des nouvelles
technologies selon les Académies pour développer un
projet à l'échelle nationale, un site qui met à
la disposition de tous les meilleurs logiciels, pédagogiquement
testés sur le terrain. Telle est la noble ambition qu'énonce
la Charte de l'Association.
L'aboutissement d'une année de collaboration sur plusieurs
autres projets concernant les mathématiques au collège
Ebeps, mathadoc et tableau virtuel.
Bien que différents (les 3 projets en question sont relatifs
à 3 facettes différentes mais complémentaires
de l'utilisation de l'outil informatique en mathématiques
au collège), ces projets ont permis d'établir des
liens (une toile dans la toile) et de conjuguer les énergies.
Le projet Sésamath est constitué
de 2 pôles. Je laisserai le soin à Benoit Montessinos
d'expliquer lui-même le pôle "portail des sites
de mathématiques au collège" puisqu'il en est
à la fois l'auteur et le concepteur. Je développerai
par contre le pôle "association de sites" puisque
c'est bien de cela qu'il s'agit.
On retrouve sur la toile beaucoup de professeurs de maths travaillant
généralement seuls et qui ont développé
(en général sans aucune aide extérieure) leur
propre site. Très souvent, ces sites sont destinés
à être utilisés gratuitement par leurs collègues.
Pour les construire, il a fallu, pour chacun des concepteurs, se
former à certaines techniques (de programmation, de création
de sites....) suivant la nature du projet qui les intéressait.
Très souvent cette "technicité particulière"
est parfaitement corrélée aux attentes pédagogiques
et didactiques des professeurs pour la bonne et raison que les concepteurs
sont souvent enseignants eux-mêmes et qu'ils cumulent leur
travail en classe avec ce travail informatique (très souvent,
l'envie de créer des applications est d'abord née
d'un besoin constaté en classe). Ainsi il y a parfaite adéquation
entre ce qui est réellement produit et la dimension pédagogique
de ce qui est produit. Ceci dit, les professeurs de maths n'étant
généralement pas informaticiens, toutes les façons
d'appréhender l'ordinateur à des fins pédagogiques
ne peuvent pas leur être familières (d'autant que la
charge de travail par ailleurs ne laisse que peut de place pour
l'autoformation). Paradoxalement, le temps qui serait nécessaire
pour développer ces connaissances ne doit pas trop grignoter
le temps en classe : le professeur qui arrêterait d'enseigner
n'aurait plus le contact permettant de créer les outils ad
hoc. Il va de soi qu'une décharge partielle est de loin la
meilleure solution. C'est d'ailleurs ce procédé qui
est utilisé dans certains IUFM, et en particulier celui du
Nord Pas de Calais qui accorde un vaste soutien aux projets novateurs
en matière de nouvelles technologies) pour aider les enseignants
à mener à bien leurs projets. Quoi qu'il en soit,
personne ne peut posséder toutes les techniques et c'est
bien dans ce contexte que s'articule dans un premier temps l'association
Sésamath : chacun apporte son savoir-faire, tant informatique
que pédagogique, et c'est à partir de cette chaîne
de spécialisation que peuvent se créer des ensembles
plus complexes (tels Mathadoc et tableauvirtuel) riches de plusieurs
approches conjuguées. Tous les échanges se passent
sur internet (par email) et nous essayons d'adopter le plus souvent
possible des structures pyramidales (responsables de niveaux ou
de chapitres) afin d'éviter le plus possible une trop grande
entropie (doublons...) du système.
Un équilibre entre régionalisme et centralisme...
Le groupe Sésamath se heurte à une
difficulté que nous essayons de résoudre : en effet,
le groupe Sésamath s'enracine nationalement alors que les
politiques de soutien et d'aide aux projets innovants sont très
souvent académiques. La disparité des moyens nous
semble être préjudiciable à une véritable
synergie (et par ailleurs, il peut paraître anormal que tous
les professeurs n'aient pas les mêmes soutiens partout en
France !). Le groupe Sésamath a donc aussi une dimension
politique (dans le sens noble du terme) pour bien montrer qu'il
y a de très grandes ressources au sein même de l'Education
nationale, que la conjugaison de ces ressources est facilement réalisable
(puisque c'est ce qui est en train de se produire) et qu'il suffirait
finalement d'une simple décision politique pour donner des
moyens équitablement répartis à une association
qui se veut avant tout profondément ancrée dans le
service public comme en témoigne la "charte" du
groupe Sésamath.
La Charte du Groupe Sémamath
Ce groupe est destiné à associer étroitement
tous les professeurs ayant créé des sites concernant
les mathématiques au collège. Plus qu'un simple groupement
d'intérêts convergents, l'enjeu est de faire de Sésamath
un vrai pôle d'échanges d'idées, de techniques,
de documents... Le rôle du présent texte est de
définir une sorte de charte permettant à chacun de
se reconnaître ou non dans les objectifs du groupe.
1) Tous les sites faisant partie du groupe Sésamath
n'ont pas de vocation commerciale : en particulier, les documents
ou logiciels proposés sont gratuits pour tous les enseignants
qui le souhaitent.
2) Le groupe est bâti sur le respect de l'identité
et de la spécificité de chacun des sites membres
(respect de la diversité des approches). Le site Sésamath
donne un accès préférentiel vers les sites
du groupe.
3) Les sites "mathadoc" et "tableauvirtuel"
ont un rôle particulier au sein du groupe Sésamath.
Ces sites ont en effet été conçus et organisés
dès l'origine comme de vastes bases de données où
peuvent se croiser et coexister différents points de vue
(la diversité étant source de richesse).
Les documents y sont classés par chapitre et non par la
technique employée (applications, programmation...)
ou selon une progression particulière.
Par nature, ils ont vocation à être enrichis par
les apports de tous les sites du groupe, servant également
de plate-forme vers ceux-ci pour tous les utilisateurs qui voudraient
approfondir un point de vue particulier.
4) Le groupe Sésamath est véritablement un groupe
composé de professeurs de maths pour les professeurs de
maths. En particulier, il s'inscrit dans une démarche de
service public et n'est soumis qu'à la seule autorité
de ses membres.
Evidemment, toutes les bonnes volontés qui
se reconnaissent dans cettecharte sont invités à nous
y rejoindre.
Il suffit pour cela d'aller sur le site http://www.sesamath.net
© CyberEcoles, Ariel Suhamy,
juin 2001
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