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Rafael Lobato est le responsable du site Mathadoc. Ce site a pour objectif de regrouper dans un même lieu tous les outils pédagogiques réalisés par les professeurs de mathématiques, jusqu'à maintenant éparpillés sur toutes sortes de sites personnels. Le principe : "la mutualisation des données permet à chacun de s'enrichir du travail des autres". Tous ces documents constituent ensemble un livre de classe virtuel, modifiable à volonté par chacun en fonction de ses besoins : un livre fait par tous et perfectible à l'infini. Les cours sont téléchargeables gratuitement. A l'heure où les sites "privés" remportent de plus en plus de succès et tendent à minimiser l'importance des sites "officiels", il était temps de regrouper tous ces sites en une vaste confédération ouverte et interactive.
Depuis quelques années, bon nombre d'enseignants sont équipés d'un ordinateur. Avec le développement des traitements de texte, certains d'entre eux ont commencé à numériser leurs cours, les fiches d'exercices pour les élèves... Une telle évolution dans les pratiques de l'enseignant est très semblable, d'un certain point de vue, à celle qui a touché nombre de secteurs professionnels : rationalisation dans la gestion des données, dans la présentation... Il est vrai cependant que cette "évolution" est loin d'avoir touché tous les enseignants (même au-delà des questions de générations, ou de formation). Les raisons sont nombreuses et variées. Mais l'une d'elles est que, pour certains, l'enseignement n'est pas un métier comme les autres et qu'il réclame toujours un savoir-faire quasi artisanal incompatible selon eux avec l'usage de l'ordinateur. Pour d'autres, il s'agit essentiellement d'une question d'efficacité. La gestion informatique des documents demande du temps et beaucoup d'implication ; il s'agit alors pour chacun de mettre en balance les données du problème et de faire un choix, souvent sur le long terme. Evidemment, si l'on aide le professeur à réaliser sa base de données personnelle, on joue sur les données du problème et d'une certaine façon, on influence le choix. En définitive, très peu sont ceux qui critiquent fondamentalement l'usage de l'ordinateur, une fois que l'investissement devient rentable. Il faut d'ailleurs noter ici qu'il s'agit d'une double
rentabilité : d'abord au niveau du travail de l'enseignant
lui-même (simple question de rationalisation et de gain en
efficacité), mais aussi, et surtout, au niveau des élèves.
Quoi qu'il en soit, beaucoup de professeurs se sont lancés
dans ce travail acharné et ont constitué peu à
peu de petites bases de données, leurs bases de données.
Mais le procédé de rationalisation qui s'applique
aux documents de la base, s'applique aussi à la base elle-même.
L'enseignant sait bien que d'autres collègues font leur base,
et que l'intersection entre les deux est loin d'être vide.
Il est évident qu'il est possible de "factoriser"
les bases de données, c'est-à-dire repérer
les éléments invariants dans chacune d'elles.
Pour bien comprendre la portée et l'intérêt du livre virtuel tel que nous le concevons, nous pouvons avoir recours à une comparaison : On peut comparer un manuel classique à une armoire remplie de vaisselle. L'armoire est en bois et l'intérieur est soigneusement cloisonné avec différentes étagères (qui sont les chapitres) proposant globalement la même organisation. Les étagères ne sont pas amovibles, on ne peut pas en rajouter une ou deux ; on peut à la limite en supprimer une (ce qu'on ne conseille jamais aux élèves...). La vaisselle proposée (les exercices...) est très "dépersonnalisée" (même si parfois elle peut être originale) mais elle est parfaitement calibrée (en théorie, il y a respect des programmes). En général, les enseignants ont chez eux un grand nombre d'armoires différentes. Pour préparer leurs cours, on reconnaît généralement comme utile et même très conseillé le fait qu'ils aillent regarder préalablement un grand nombre de ces armoires pour en tirer la "substantifique moelle". Se pose alors le problème du support : l'enseignant peut photocopier les parties des livres qui l'intéressent et, avec les ciseaux et la colle, recomposer un ensemble qui lui semble adapté, mais cela pose 2 problèmes : tous les problèmes de droit liés à la photocopie et une personnalisation limitée dans le sens où les morceaux photocopiés sont difficilement transformables (changer un mot par un autre, modifier une figure..). Au niveau des élèves, l'armoire est en général pensée de telle sorte que l'élève puisse l'utiliser en autonomie, pour faire des révisions ; dans la pratique (et en particulier dans les zep), peu d'élèves s'en servent en dehors de l'utilisation préconisée par l'enseignant. Poursuivons la comparaison avec le livre virtuel : Le livre virtuel est une armoire virtuelle qui peut
tenir en entier sur un cd-rom. La structure hypertexte du livre
virtuel est en quelque sorte l'ossature de l'armoire. Pour faciliter
le repérage des professeurs, les étagères sont
sensiblement les mêmes que pour un livre-papier, avec cette
différence importante que l'utilisateur peut très
facilement ajouter ou enlever des étagères et même
redéfinir les séparations à sa guise. Il ajuste
la structure à ce qui lui convient le mieux. Alors que les
programmes officiels et autres accompagnements des programmes tendent
très fortement à disparaître des livres-papiers,
ils sont tous disponibles sur le livre virtuel, l'hypertexte permettant
même d'accéder très rapidement à l'information
voulue. Pour ce qui est de la vaisselle, elle se présente
sous différents aspects : parfois très neutre (simple
base de données d'exercices, incluant également tous
les exercices de brevet des 6 dernières années dans
toutes les académies) mais le plus souvent assez personnalisée
: devoirs surveillés réellement donnés à
des élèves, fiches d'exercices...(toutes choses
qu'on ne trouve pas sur un livre classique). Une autre différence
de taille : chaque élément de la vaisselle peut être
à son tour personnalisée (très facilement)
par l'utilisateur : changer une définition, une figure ou
simplement la mise en pages... utiliser trois sortes de plats
différents pour faire le sien propre avec une rapidité,
une précision et une qualité d'archivage nettement
supérieures aux ciseaux-colles. Le livre virtuel est fait par les professeurs pour les professeurs L'objectif n'est pas de fournir des cours clé
en main (les manuels classiques offrent des cours clé en
main dans la mesure où ils sont difficilement personnalisables.
Les documents numériques offrent au contraire une grande
capacité de modification.) Voir le portrait de Rafael Lobato sur mathadoc.free.fr/auteurs.php3 © CyberEcoles, Ariel Suhamy, juin 2001
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